Le bilan 2025 de la qualité de l’air extérieur, publié le 14 octobre par le ministère de la Transition écologique, confirme un paradoxe : les émissions de polluants chutent depuis vingt-cinq ans, mais plusieurs agglomérations françaises dépassent toujours les normes réglementaires, et les concentrations de fond sont même reparties légèrement à la hausse en 2025.
Plan de l'article
Des émissions divisées, des normes toujours dépassées #
Depuis 2000, la France a réduit ses émissions d’oxydes d’azote de 64 %, de particules PM10 de 51 %, de PM2,5 de 57 % et de dioxyde de soufre de 89 %. Des résultats obtenus par le renouvellement des parcs de véhicules, les normes d’émissions industrielles et la généralisation des systèmes de traitement de l’air.
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Pourtant, le bilan du service statistique du ministère (SDES), analysé par la Banque des Territoires, recense encore des dépassements pour quatre polluants en 2025 : dioxyde d’azote, particules PM10, ozone et nickel.
Dioxyde d’azote : le trafic routier toujours en cause #
Quatre agglomérations ont dépassé la norme annuelle de NO2 en 2025 : Paris, Marseille, Montpellier et Perpignan, soit 2,5 % des agglomérations qui mesurent ce polluant. Paris dépasse chaque année depuis 2013, même si l’intensité du dépassement diminue.
Le chiffre est en légère hausse par rapport à 2024, mais une partie de cette progression est un artefact de mesure : à Montpellier, Perpignan et Marseille, de nouvelles stations ont été ouvertes à proximité directe du trafic routier, là où les concentrations sont les plus élevées.
L’ozone recule, les particules résistent #
Pour l’ozone, treize agglomérations dépassent la norme en moyenne sur 2023-2025, contre dix-sept sur la période précédente. Le bilan note que « bien qu’encore conséquent, ce nombre est le plus faible jamais observé depuis 2000 ». Lyon et Marseille-Aix figurent parmi les zones concernées, mais près de la moitié des agglomérations en dépassement comptent moins de 100 000 habitants.
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Côté particules, la norme journalière PM10 n’est plus dépassée qu’à Mamoudzou, à Mayotte. En revanche, les concentrations de fond de NO2, PM10 et PM2,5 ont légèrement augmenté entre 2024 et 2025, revenant au niveau de 2023. La France hexagonale a connu trois épisodes de pollution aux PM10 en janvier, mars et novembre, et trois épisodes d’ozone en juin et début juillet.
Le nickel d’Isbergues, rappel du poids des sites industriels #
Le dépassement le plus parlant pour les industriels est celui du nickel, relevé dans l’agglomération de Béthune, autour de la plateforme industrielle d’Isbergues. Un cas isolé à l’échelle nationale, mais qui illustre la vigilance accrue des autorités sur les métaux lourds d’origine industrielle.
Pour les sites concernés, la réponse passe par le captage à la source et la filtration haute efficacité des effluents atmosphériques : dépoussiéreurs à manches, filtres absolus en sortie de process, et surveillance en continu des rejets canalisés.
Ce que la directive européenne va changer d’ici 2030 #
Ces dépassements sont mesurés à l’aune des normes actuelles. Or la nouvelle directive européenne sur la qualité de l’air ambiant durcit considérablement les valeurs limites à l’horizon 2030, en les rapprochant des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. Selon Actu-Environnement, la France devra encore réduire ses émissions de 10 à 30 % selon les polluants pour s’y conformer.
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Autrement dit, des zones aujourd’hui conformes passeront mécaniquement en dépassement avec les futurs seuils. Les collectivités comme les exploitants industriels ont quatre ans pour anticiper : modernisation des systèmes de ventilation et de filtration, traitement des composés à la source, instrumentation des rejets.
Questions fréquentes #
Quels polluants dépassent encore les normes en France en 2025 ?
Quatre polluants : le dioxyde d’azote dans quatre agglomérations, l’ozone dans treize, les PM10 à Mamoudzou uniquement, et le nickel à Béthune-Isbergues.
Pourquoi les concentrations remontent-elles alors que les émissions baissent ?
Les concentrations de fond dépendent aussi de la météo et des conditions de dispersion : l’année 2025 a été moins favorable que 2024, ramenant NO2 et particules au niveau de 2023.
Les normes actuelles vont-elles rester en vigueur ?
Non. La directive européenne révisée abaisse fortement les valeurs limites d’ici 2030, ce qui imposera des réductions d’émissions supplémentaires de 10 à 30 % selon les polluants.



