L’État a délivré au SEDIF, par l’arrêté préfectoral n°2026-4927 du 23 octobre 2026, l’autorisation environnementale qui lance la modernisation de l’usine d’eau potable de Neuilly-sur-Marne : le site va accueillir une filière de filtration membranaire haute performance destinée à retenir les micropolluants.
- L’autorisation environnementale a été signée le 23 octobre 2026 (arrêté n°2026-4927).
- L’usine de Neuilly-sur-Marne/Noisy-le-Grand recevra une unité de filtration membranaire haute performance (FMHP).
- Le chantier prévoit quatre nouveaux bâtiments et une durée prévisionnelle de 54 mois.
- Des bioessais écotoxicologiques réguliers encadreront les rejets pendant l’exploitation.
Plan de l'article
Une étape administrative décisive pour le projet francilien #
Le Syndicat des Eaux d’Île-de-France attendait ce feu vert pour engager la transformation de son usine de Neuilly-sur-Marne, l’une des trois grandes unités de production qui alimentent la banlieue parisienne. La ville de Chelles, riveraine du projet, a confirmé la délivrance de l’autorisation environnementale par arrêté préfectoral du 23 octobre 2026.
Cette procédure, exigée pour les installations susceptibles d’affecter l’eau, l’air ou les milieux naturels, conditionnait le démarrage des travaux. Elle fixe aussi les obligations de suivi que l’exploitant devra respecter pendant toute la durée du chantier, puis en exploitation courante.
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La filtration membranaire haute performance, cœur du dispositif #
Le projet repose sur une unité de traitement membranaire haute performance, dite FMHP. Ce type de filière pousse la séparation physique bien au-delà des traitements conventionnels par décantation et filtration sur sable : les membranes constituent une barrière contre les matières en suspension, les microorganismes et une large part des micropolluants dissous.
Le SEDIF porte cette ambition depuis plusieurs années dans le cadre de son projet « eau pure », qui vise ses trois usines principales. Les premiers pilotes de nanofiltration et d’osmose inverse basse pression ont été testés sur le réseau francilien, avec en ligne de mire les quelque quatre millions d’usagers desservis par le syndicat.
Quatre bâtiments neufs et un chantier de 54 mois #
L’arrêté décrit un programme immobilier conséquent : quatre nouveaux bâtiments sortiront de terre, dont le bâtiment des membranes proprement dit et une station de traitement des effluents membranaires, accompagnés de deux postes haute tension pour alimenter les pompes. La durée prévisionnelle des travaux est fixée à 54 mois, soit environ quatre ans et demi.
Le traitement des effluents mérite qu’on s’y arrête. Une filière membranaire produit des concentrats, c’est-à-dire des flux chargés en substances retenues. Leur gestion sur site, imposée par l’autorisation, évite de reporter la pollution vers la Marne et constitue l’un des points techniques les plus surveillés du dossier.
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Crues et rejets : les garde-fous imposés par l’État #
Le site se trouve en bord de Marne, en zone inondable. L’arrêté impose donc l’aménagement de quatre zones de compensation de crue en amont, sur le tènement sud, afin que les nouveaux volumes bâtis n’aggravent pas le risque d’inondation pour les communes voisines.
Côté rejets, l’exploitant devra mettre en place une autosurveillance renforcée : des bioessais écotoxicologiques réguliers et une analyse poussée des micropolluants sont exigés, aussi bien pendant la phase de mise au point de la filière qu’en exploitation. Ce niveau de contrôle reflète les interrogations soulevées lors de la concertation, notamment sur le devenir des concentrats membranaires.
Ce que ce chantier dit du marché du traitement de l’eau #
Pour la filière française du traitement de l’eau, ce projet confirme une tendance lourde : la généralisation progressive des membranes sur les grandes usines d’eau potable, portée par la pression réglementaire sur les PFAS et les micropolluants. Les fabricants de modules, de pompes haute pression et d’instrumentation y voient un marché de renouvellement durable.
Le mouvement dépasse l’Île-de-France. La même semaine, L’Usine Nouvelle rapportait que le spécialiste du traitement des eaux industrielles Aquasphère renforce sa R&D et prépare l’ouverture d’une nouvelle usine en Charente, signe que l’amont industriel se structure pour répondre à la demande.
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Questions fréquentes #
Pourquoi fallait-il une autorisation environnementale ?
Parce que le projet modifie des installations classées au titre de la loi sur l’eau : nouveaux bâtiments en zone inondable, rejets d’effluents membranaires, postes électriques. L’arrêté préfectoral encadre ces impacts et fixe les mesures de compensation et de suivi.
La filtration membranaire élimine-t-elle tous les polluants ?
Aucune barrière n’est absolue, mais les filières membranaires haute performance retiennent l’essentiel des matières en suspension, des microorganismes et une grande partie des micropolluants dissous. L’efficacité réelle dépend du type de membrane retenu et sera vérifiée par l’autosurveillance imposée.
Quand l’eau traitée par membranes arrivera-t-elle au robinet ?
L’arrêté évoque une durée prévisionnelle de travaux de 54 mois à compter du lancement du chantier. La mise en service interviendra après la phase de mise au point de la filière, elle-même soumise aux contrôles écotoxicologiques prévus par l’autorisation.




