Charbon actif, filtration et osmose inverse basse pression réunis sur un même site : c’est la combinaison retenue par Tours Métropole Val de Loire pour sa future usine d’eau potable de Saint-Cyr-sur-Loire. La première pierre a été posée le vendredi 30 octobre, avec un objectif affiché : mieux traiter la matière organique et les micropolluants, dont les PFAS, ces « polluants éternels » désormais suivis de près dans l’eau du robinet.
Plan de l'article
Une usine qui complète un site limité au fer et au manganèse #
L’eau de ce secteur provient des captages du quai du Portillon, à Tours. L’usine actuelle se limite au traitement du fer et du manganèse. Selon la Métropole, citée par actu.fr, elle « ne permet plus de répondre pleinement aux nouveaux enjeux de qualité de l’eau ».
Deux raisons expliquent ce chantier : ce que l’on sait aujourd’hui des PFAS dans les ressources en eau, et la croissance démographique de l’agglomération. La nouvelle unité sera construite près du réservoir de la Ménardière. Elle doit « compléter les installations existantes pour améliorer la qualité de l’eau distribuée aux habitants de Saint-Cyr-sur-Loire, Tours Nord et des communes voisines ».
Trois étages de traitement #
La collectivité parle d’une usine « nouvelle génération ». Elle ajoute plusieurs étapes de traitement à ce qui ne retirait jusqu’ici que les métaux dissous.
Le charbon actif, pour adsorber
Le charbon actif est la technique la plus répandue contre les micropolluants organiques. Sa structure poreuse offre une très grande surface de contact. Une partie des molécules dissoutes, dont des résidus de pesticides et des PFAS, s’y fixe par adsorption. Son efficacité dépend de la molécule visée, du temps de contact et de la fréquence de renouvellement ou de régénération du média. Cette maintenance pèse lourd dans le coût d’exploitation.
La filtration, pour retenir les particules
La filtration retient les matières en suspension et protège les étapes suivantes. Pour une membrane d’osmose inverse, une eau mal préfiltrée provoque un colmatage rapide et oblige à multiplier les lavages. C’est souvent ce poste qui détermine la durée de vie d’une installation membranaire.
L’osmose inverse basse pression, pour affiner
Dernier étage annoncé : un « traitement membranaire par osmose inverse basse pression ». La membrane laisse passer l’eau et retient la plupart des composés dissous, y compris des molécules que l’adsorption capte mal. Travailler à basse pression réduit la consommation d’énergie par rapport à une osmose classique. En contrepartie, il faut gérer un concentrat, la fraction d’eau qui contient les polluants retenus. Pour la Métropole, cette association permet « d’améliorer la qualité de l’eau tout en préservant la ressource ».
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Les chiffres du projet #
À plein régime, l’usine pourra traiter 1 200 m³ d’eau par heure. Le terrain couvre 5 000 m². L’usine en occupera 1 600 m², 755 m² de panneaux photovoltaïques seront posés en toiture et 35 % du terrain restera en espaces verts. Ces éléments sont publiés par Tours Métropole et repris par actu.fr.
Le chantier réunit Stereau (groupe Saur), spécialiste de l’ingénierie de l’eau, le groupe de travaux publics NGE et Actemium Armor, chargé des installations électriques et de l’automatisme. Ce découpage est classique pour une usine de ce type : génie civil d’un côté, équipements de procédé de l’autre, et contrôle-commande qui pilote l’ensemble.
Un calendrier jusqu’au printemps 2028 #
Une phase préparatoire a débuté cet été. Le gros œuvre a démarré cet automne avec les ouvrages enterrés de stockage et de circulation des eaux. Batiactu confirme aussi le lancement des travaux de cette usine en périphérie de Tours. Viendra ensuite le bâtiment qui recevra les équipements de traitement. La mise en service est prévue au printemps 2028.
Le cadre réglementaire des PFAS #
Ce chantier s’inscrit dans un contexte réglementaire plus exigeant. L’Anses rappelle que la directive européenne 2020/2184 a fixé une limite de qualité de 0,10 µg/L pour la somme de 20 PFAS dans les eaux destinées à la consommation humaine. Un second paramètre, « PFAS (total) », est limité à 0,50 µg/L.
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En France, l’arrêté du 11 janvier 2007 modifié intègre la limite de 0,1 µg/L pour les 20 PFAS. Depuis le 1er janvier 2026, les Agences régionales de santé recherchent systématiquement les PFAS dans leur contrôle sanitaire. Tout dépassement constaté devait déjà être pris en compte depuis le 1er janvier 2023.
Pour les exploitants, cette obligation de mesure change la donne. Une usine conçue pour le fer et le manganèse n’a pas été dimensionnée pour ces molécules. Les collectivités doivent donc choisir entre ajouter un étage de traitement sur un site existant et construire une unité dédiée. Tours a choisi la seconde voie, avec plusieurs procédés successifs plutôt qu’une seule technique.
Questions fréquentes #
Où sera construite la nouvelle usine ?
À Saint-Cyr-sur-Loire, près du réservoir de la Ménardière, au nord de Tours. Elle traitera l’eau issue des captages du quai du Portillon.
Quels procédés utilisera-t-elle ?
Du charbon actif, de la filtration et de l’osmose inverse basse pression. L’objectif est de mieux traiter la matière organique et les micropolluants, notamment les résidus de pesticides et les PFAS.
Quand sera-t-elle en service ?
La mise en service est annoncée pour le printemps 2028. Le génie civil des ouvrages enterrés a commencé cet automne.




